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Massacre du 28 septembre « ma femme a échappé au viol parce que… » témoigne Ben Youssouf

Les témoignages sur les évènements du stade 28 septembre se succèdent jour après jour, tant au tribunal correctionnel qu’au niveau des médias privés. A la suite du passage de Bah Oury et de François Louceny Fall, qui est actuellement devant la barre pour dire sa part de vérité, c’est le docteur Ben Youssouf Keita, un ancien lieutenant du parti de Cellou Dalein, qui a apporté quelques détails sur cet événement.

Sur les ondes de Djoma média, Ben Youssouf Keita a expliqué la mésaventure de son épouse lors du massacre de 2019. Bien avant, il a tenté de raconter comment il s’est rendu au stade jusqu’à ce qu’il a eu la vie sauve.

Des faits d’une cruauté inimaginable

Tenez vos émotions, car les faits qu’il décrit avec détails sont imaginaires. Et, ils se sont passés en République de Guinée.

« Ce 28 septembre noir ! A peine je venais de faire la prière de 5h45, que mon téléphone crépitait et qu’au bout du fil, c’est mon grand frère maternel, un ancien haut officier de l’armée guinéenne à la retraite, qui me dit Youssouf, ne sort pas, parce que c’est très grave. Donc, j’ai dit à ma femme toi tu restes à la maison. Si je ne reviens pas, occupes toi de mes enfants. elle m’a dit mon amour ne va pas et je lui ai dit non. Si je n’y vais pas, je ne pourrai plus me regarder dans le miroir…

Mon fils et moi, nous sommes allés à Dixinn chez Elhadj Cellou Dalein à 6h. Je le trouve assis dans son salon, je lui dis président, je viens d’être informé que quelque chose de très grave va se passer. Qu’est ce que nous allons faire ? il me dit ( Cellou Dalein, ndlr ) qu’il est aussi informé, mais à cette heure, on ne peut rien faire, et il faut qu’on y aille.

De là, nous sommes allés chez Jean Marie Doré. Il nous a demandé de reporter la manifestation, mais la clameur des jeunes se faisait entendre déjà à cette heure.

A peine de chez Jean Marie au niveau de la Fondis, nous avons vu le Colonel Tiégboro et deux personnes venir. Il nous a dit que le Président a demandé à ce que vous reportiez la manifestation. Les leaders ont répondu que ce n’était plus possible… C’est ainsi Tiégboro s’est éclipsé et entre temps Bah Oury m’a dit qu’il a soif. J’ai dit que je veux aller chercher de l’eau pensant qu’il y a des vendeurs dans les lieux. J’ai vu là où il y avait les véhicules à vendre, mais je ne trouve pas. Entre temps, je vois des militaires qui avaient complètement pris la corniche et cela m’a tiqué et immédiatement j’ai dit que nous sommes dans une nasse. C’est ainsi que nous sommes allés au stade… » a expliqué cet autre rescapé de ces événements macabres de 2009.

Le film dans le stade

« Quand nous sommes rentrés dans le stade », poursuit-il. « Nous voyons la foule en liesse, certains priaient sur la pelouse et les leaders s’apprêtaient à tenir leur discours, soudain, nous avons senti un gaz inhabituel. Et 15 à 20min, nous voyons des gens qui tombaient comme des mouches et mouraient raides.

Entre-temps la tribune s’est complètement vidé. Nous sommes restés et chacun cherchait à aller pour se sauver. Pendant la descente de la tribune, je vois un jeune un peu chétif encagoulé et il a dit à Cellou Dalein Diallo de descendre, Cellou lui a dit non. Subitement il est remonté et c’est là où il s’est attaqué à lui ( leader de l’UFDG) comme un fauve. Moi, je suis sorti tout doucement et je suis allé vers le petit terrain. C’est en ce moment que j’ai vu Jean Marie Doré tenu par des gens et en train d’être traîné. Là que je me suis dit que je veux mourir, mais pas seul.

Je suis sorti devant des militaires qui m’ont demandé qui je suis. J’ai dit que, je suis médecin. Il me prend pour faire monter dans un camion militaire où il y avait des gens. Quand j’ai voulu refuser de monter, un militaire a pris un bois de chauffe pour me frapper à la tête. C’est là que mon bras s’est cassé. Je me suis faufilé au moment où ils s’occupaient des autres. J’ai été sauvé par un autre militaire et par une famille, qui m’a donné des nouveaux habits… » a encore relaté Ben Youssouf Keita, dans le l’émission “On Refait le Monde ”.

Sa femme a échappée au viol, pire, à la mort

Sur les lieux, battue et humiliée, laissée pour compte dans les mains des soldatesques sans vergogne, Dr Ben Youssouf Keita affirme que lui et sa femme, doivent leur salut à l’épouse de Cellou Dalein Diallo, Hadja Halimatou. Mais le récit qu’il raconte prête aux larmes aux yeux…

« En ce moment, je ne savais pas que ma femme était venue au stade. Mon garçon qui m’a conduit, je ne savais pas s’il était mort ou pas. Entre-temps, j’ai eu le coup de fil de Hadja Halimatou. Elle me dit où tu es, je lui ai dit que je suis à Dixinn. Elle m’a dit que mon épouse était aussi venue au stade.

Hadja s’est arrangée à envoyer la croix rouge pour me chercher dans une famille à Dixinn. On m’a pris pour m’envoyer à Donka. A Donka, je vois beaucoup de personnes couchées. Les médecins qui étaient là-bas m’ont reconnu et m’ont pris pour m’habiller en blouse. c’est ce qui m’a sauvé. Ainsi, j’ai passé la nuit parmi ces médecins.

Ma femme était hospitalisée à la clinique pasteur, j’arrive là-bas, je trouve mon épouse…Elle m’a raconté son histoire, elle était avec Halimatou quand elle a été prise entre des militaires dans le stade. Ils l’ont déshabillée comme elle est née. Ils ont voulu la violer. Malheureusement pour eux, elle était à ses périodes et c’est ce qui l’a sauvée… » a témoigné son époux, le Dr Ben Youssouf Keita.

Décryptage de Moudias, Journaliste Indépendant

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