Actualité sur : Guinée | le Premier ministre « je suis triste pour mon pays ».
Le premier ministre de la République de Guinée Dr Bernard Gomou a tenu une conférence de presse ce lundi 21 février 2023 à Conakry. Il était question pour le chef du gouvernement de faire un compte-rendu de sa visite de terrain dans la région de Faranah.

Après avoir vu les réalités du terrain, le choc a été énorme pour Dr Gomou. Ses propos tenus devant les journalistes ne souffrent d’aucune ambiguïté.
« 𝗠𝗮𝗶𝗻𝘁𝗲𝗻𝗮𝗻𝘁 𝗮𝗽𝗿𝗲̀𝘀 𝗰𝗲𝘁𝘁𝗲 𝘁𝗼𝘂𝗿𝗻𝗲́𝗲 𝗱𝗲 𝘁𝗲𝗿𝗿𝗮𝗶𝗻, 𝗷𝗲 𝘀𝘂𝗶𝘀 𝘁𝗿𝗶𝘀𝘁𝗲 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗺𝗼𝗻 𝗽𝗮𝘆𝘀 𝗮𝗽𝗿𝗲̀𝘀 𝗮𝘃𝗼𝗶𝗿 𝘃𝘂 𝗰𝗲 𝗾𝘂𝗲 𝗷’𝗮𝗶 𝘃𝘂. 𝗥𝗶𝗲𝗻 𝗾𝘂𝗲 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝗱𝗲𝘂𝘅 𝗿𝗲𝗴𝗶𝗼𝗻𝘀, 𝗕𝗼𝗸𝗲́ 𝗲𝘁 𝗙𝗮𝗿𝗮𝗻𝗮𝗵, 𝗹𝗲 𝘁𝗮𝗯𝗹𝗲𝗮𝘂 𝗲𝘀𝘁 𝘁𝗲𝗹𝗹𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝘀𝗼𝗺𝗯𝗿𝗲 𝗾𝘂’𝗼𝗻 𝗮 𝗱𝘂 𝗺𝗮𝗹 𝗮̀ 𝘆 𝗰𝗿𝗼𝗶𝗿𝗲. 𝗝𝗲 𝘀𝘂𝗶𝘀 𝗱𝗲́𝘀𝗼𝗿𝗺𝗮𝗶𝘀 𝗰𝗼𝗻𝘃𝗮𝗶𝗻𝗰𝘂 𝗾𝘂𝗲 𝗹𝗲 𝗿𝗲𝘁𝗮𝗿𝗱 𝗱𝗲 𝗻𝗼𝘁𝗿𝗲 𝗽𝗮𝘆𝘀 𝗲𝘀𝘁 𝗲𝗻 𝗴𝗿𝗮𝗻𝗱𝗲 𝗽𝗮𝗿𝘁𝗶𝗲 𝗱𝘂̂ 𝗮̀ 𝗹𝗮 𝗺𝗮𝘃𝗮𝗶𝘀𝗲 𝗲𝘅𝗲́𝗰𝘂𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗱𝗲𝘀 𝗰𝗼𝗻𝘁𝗿𝗮𝘁𝘀 𝗱’𝗘𝘁𝗮𝘁, 𝗲𝗻 𝗽𝗮𝗿𝘁𝗶𝗰𝘂𝗹𝗶𝗲𝗿 𝗹𝗲𝘀 𝗰𝗼𝗻𝘁𝗿𝗮𝘁𝘀 𝗱’𝗶𝗻𝗳𝗿𝗮𝘀𝘁𝗿𝘂𝗰𝘁𝘂𝗿𝗲𝘀 ».
Poursuivant sa narration, le Premier ministre a pointé du doigt la malhonnêteté de certains entrepreneurs en charge de ces travaux.
« J’ai eu mon premier choc sur la route Mamou-Faranah. Rien n’est fait dans le cadre du contrat de travaux d’urgence pour la réhabilitation et la construction de cette route. Pourtant, deux entreprises ont bénéficié des avances de démarrage des travaux. Mais aucun dispositif en place, absence totale de base-vie, pas une seule machine sur le terrain.
• Le projet d’extension de l’hôpital régional de Faranah est arrêté depuis 5 mois par manque de financement.
• Ce qui est aussi écœurant dans des projets de ce type à l’intérieur du pays, c’est que les autorités locales que sont les Gouverneurs ou Préfets, Sous-préfets ne sont au courant de rien. Les contrats sont attribués à des entreprises à Conakry. Elles font ce qu’elles veulent sans aucune tutelle sur place pour assurer un minimum de suivi des chantiers
• A Dinguiraye, je me suis rendu sur le chantier de réhabilitation d’une route de 63 Km dans la Commune rurale de Lansanaya – Gagnakali. Pour une durée contractuelle de 7 mois, une avance de démarrage de 20% payée depuis plus d’un an, le niveau de réalisation des travaux sur le terrain est à 5%.
• Il est à noter que les informations fournies par les entreprises qui sont parvenues à démarrer un projet ne concordent pas avec les réalités sur le terrain. L’hôtel des finances publiques de Faranah est un exemple édifiant:
-Taux de réalisation physique et réel est de 33% ;
-Taux validé et consigné dans les documents de la mission de contrôle 58% ;
-Tenez vous bien, le taux de décaissement est de 60% ».
Pour soulager la souffrance des Guinéens, le chef du gouvernement a listé des pistes de solutions.
« 𝗖’𝗲𝘀𝘁 𝗽𝗼𝘂𝗿𝗾𝘂𝗼𝗶 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝗹𝗲𝘀 𝗷𝗼𝘂𝗿𝘀 𝗮̀ 𝘃𝗲𝗻𝗶𝗿 𝗷𝗲 𝘃𝗮𝗶𝘀, 𝘀𝗼𝘂𝘀 𝗹’𝗮𝘂𝘁𝗼𝗿𝗶𝘁𝗲́ 𝗱𝘂 𝗣𝗿𝗲́𝘀𝗶𝗱𝗲𝗻𝘁 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗧𝗿𝗮𝗻𝘀𝗶𝘁𝗶𝗼𝗻, 𝗹𝗲 𝗖𝗼𝗹𝗼𝗻𝗲𝗹 𝗠𝗮𝗺𝗮𝗱𝗶 𝗗𝗢𝗨𝗠𝗕𝗢𝗨𝗬𝗔, 𝗹𝗮𝗻𝗰𝗲𝗿 𝘂𝗻𝗲 𝗶𝗺𝗽𝗼𝗿𝘁𝗮𝗻𝘁𝗲 𝗼𝗽𝗲́𝗿𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗱𝗲 𝘃𝗲́𝗿𝗶𝗳𝗶𝗰𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗱𝗲𝘀 𝗰𝗿𝗶𝘁𝗲̀𝗿𝗲𝘀 𝗱’𝗮𝘁𝘁𝗿𝗶𝗯𝘂𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗲𝘁 𝗱𝗲 𝗴𝗲𝘀𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗱𝗲𝘀 𝗰𝗼𝗻𝘁𝗿𝗮𝘁𝘀.
Notre défi majeur à compter de maintenant est de renforcer les contrôles des contrats d’Etat par tous les moyens. Le pays est en chantier. Mais, il y a des entrepreneurs indélicats. Les bureaux de contrôle et de suivi ne sont pas sur le terrain. Nous devons :
Renforcer le suivi et le contrôle de nos projets
Renforcer l’autorité de l’État en replaçant les Gouverneurs et préfets au cœur du développement à la base.
Assurer une bonne communication entre l’administration centrale et la gestion des projets.
Corriger les défaillances de communication entre les niveaux d’échelle de l’administration sur les contrats pour que tout marche comme planifier dans les 24 mois de la Transition ».
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